Hypercholestérolémie

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Lorsque le taux de cholestérol présent dans le sang est trop élevé, on parle d'hypercholestérolémie.

Qu'est-ce que l'hypercholestérolémie ?

L'hypercholestérolémie correspond à un taux anormalement élevé de cholestérol total, c'est-à-dire supérieur ou égal à 2,5 g/l pour un adulte. Le cholestérol total se compose du cholestérol HDL (ou « bon cholestérol ») et du cholestérol LDL (ou « mauvais cholestérol »)

L'hypercholestérolémie est un facteur de risque cardio-vasculaire majeur, pouvant entraîner des maladies cardiaques et vasculaires, de type infarctus du myocarde, artériopathie des membres inférieurs, accident vasculaire cérébral.

L'hypercholestérolémie est un trouble très fréquent. Environ 10 millions de Français adultes auraient un cholestérol total ≥ 1,50 g/l et 2 millions ≥ 3g/l.

Causes de l'hypercholestérolémie

Il existe trois formes d'hypercholestérolémie en fonction de son origine :

  • L'hypercholestérolémie primitive (ou primaire) est principalement liée à une mauvaise hygiène de vie.
  • L'hypercholestérolémie familiale est d'origine génétique et représente une forme particulière d'hypercholestérolémie primaire.
  • L'hypercholestérolémie secondaire est liée à une maladie (hypothyroïdie, insuffisance rénale, etc.) ou à un médicament (contraception œstroprogestative, traitement par corticoïdes, traitements contre l'acné...).

Bon à savoir : les hypercholestérolémies peuvent se rencontrer seules, isolées, mais peuvent aussi être associées à une hypertriglycéridémie. On parle alors d'hyperlipidémie mixte.

Diagnostic de l'hypercholestérolémie

Connaître son taux de cholestérol

La mesure du cholestérol dans le sang est appelée cholestérolémie. Ce bilan sanguin, pour être fiable, doit être effectué à jeun d'au moins 12 heures. Il comporte le dosage :

  • du cholestérol total (CT) ;
  • du LDL-cholestérol ;
  • du HDL-cholestérol ;
  • des triglycérides, qui sont d'autres lipides ;
  • l'étude de l'aspect du sérum prélevé : s'il est lactescent ou opalescent, une anomalie des lipides est suspectée.

À noter : l’hypercholestérolémie familiale, qui concerne actuellement 50 000 personnes (225 000 à 270 000 porteurs) en France, est marquée par un sous-diagnostic majeur. Selon l’Association nationale des hypercholestérolémies familiales, 95 % des patients ne seraient pas dépistés.

Taux moyens du cholestérol

Les taux normaux de cholestérol total sont les suivants :

  • Pour un adulte : 1,5 à 2,5 g/l, ou 3,87 à 6,45 mmol/l (millimoles par litre).
  • Pour un adolescent : 1,3 à 2 g/l, ou 3,3 à 5 mmol/l.
  • Pour un enfant : 1,3 à 1,7 g/l, ou 3,3 à 4,3 mmol/l.

Bon à savoir : il est possible que certaines normes varient légèrement selon les laboratoires.

Les taux normaux de LDL-cholestérol varient en fonction de certains facteurs de risque comme l'âge, le sexe, les antécédents familiaux, le tabagisme ou l'hypertension. En excès, le cholestérol LDL a des conséquences néfastes sur la santé et peut provoquer des maladies graves (accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde, etc.) en s'accumulant dans les artères, gênant alors la circulation du sang.

Les données probantes de ces 10 dernières années ont ainsi montré que plus le taux de LDL-choletérol était bas, mieux c’était.

Les dernières recommandations de la Société européenne de cardiologie (European Society of Cardiology, ESC) fixent ainsi la cible à moins de 0,55 g/l (1,4 mmol/l) pour les patients présentant un risque élevé ou très élevé de maladie cardiovasculaire (avant ces recommandations, qui datent d'août 2019 et qui ont été confirmées en octobre 2020, la cible était de moins de 0,70 g/l).

Pour le HDL-cholestérol, le taux varie en fonction du sexe. Le HDL-cholestérol, qui est protecteur, permet l'élimination de l'excès de cholestérol vers le foie. Son taux doit donc être maintenu élevé.

Il est important de contrôler régulièrement le taux de cholestérol dans le sang afin de débuter le plus précocement un traitement adéquat en cas d'excès de cholestérol LDL.

Bon à savoir : le fait d'être à jeun pour le bilan sanguin à la recherche d'une anomalie lipidique est parfois discuté par certains spécialistes. Il n'existe toutefois aucune certitude, c'est pourquoi être à jeun est toujours recommandé.

Traitements de l'hypercholestérolémie

Le traitement de l'hypercholestérolémie repose avant tout sur des modifications de l'alimentation et une meilleure hygiène de vie. Certains aliments ont un effet positif sur les taux de cholestérol.

Surveiller son alimentation

Il est conseillé de limiter les acides gras saturés d'origine animale (viande rouge, fromage, beurre) et végétale (huile de palme, par exemple), ainsi que ceux présents dans les viennoiseries, pâtisseries et biscuits.

En revanche, il est recommandé de consommer davantage d'acides gras polyinsaturés, de type Oméga 3, Oméga 6 ou Oméga 9 d'origine animale qui se trouvent dans les poissons et les volailles, et ceux d'origine végétale présents dans l'huile de colza, d'olive et de noix.

Il est aussi nécessaire de consommer plus de fibres et de micronutriments, que l'on retrouve dans les fruits, les légumes, les légumineuses et les céréales complètes.

En cas d'hypertriglycéridémie associée, le régime doit aussi être hypocalorique, avec un apport de sucres rapides limité et une baisse de la consommation d'alcool.

Attention : le régime anti-cholestérol ne doit pas être trop restrictif afin d'éviter les risques de dénutrition, de déséquilibre alimentaire et de trouble de l'alimentation comme l'anorexie mentale.

Améliorer son hygiène de vie

Il faut ajouter à ces règles hygiéno-diététiques des éléments importants dans la prise en charge des hypercholestérolémies :

  • l'arrêt du tabac ;
  • une activité physique régulière (au moins 30 minutes par jour de marche rapide, selon vos capacités) ;
  • la perte de poids en cas de surcharge pondérale ou d'obésité.

Traitements médicamenteux

Hypercholestérolémie primitive

Si le changement d'alimentation ne suffit pas, le médecin peut prescrire un traitement médicamenteux. Il en existe plusieurs :

  • Les statines sont prescrites en première intention chez les adultes comme chez les enfants.
  • Les fibrates peuvent être ajoutés en cas d'inefficacité de la statine ou d'intolérance à cette dernière.
  • L'ézetimibe est aussi parfois utilisé en complément d'une statine si le traitement s'avère inefficace malgré une dose élevée (ce traitement permet aussi de normaliser beaucoup de patients atteints d'hypercholestérolémie familiale).

À noter : les recommandations 2023 de prise en charge du syndrome coronarien aigu de la société européenne de cardiologie (ESC) préconisent cette bithérapie intensive d’emblée.

  • L'acide bémpédoïque qui s'utilise en prévention primaire chez les patients conservant un risque cardiovaculaire élevé ou très élevé avec un taux de LDL-C élevé malgré une bithérapie statine-ézétimibe à dose optimale.
  • Les anticorps monoclonaux anti-PCSK9, qui inhibent une enzyme intervenant dans le métabolisme du cholestérol, peuvent être ajoutés au traitement par statine si celui-ci est inefficace seul. Mais ils peuvent aussi remplacer cette statine en cas d'intolérance. La particularité de ces anticorps est qu'ils s'administrent par injection sous-cutanée toutes les deux semaines grâce à des seringues qui se présentent sous forme de stylos pré-remplis afin de faciliter leur utilisation.
  • Les oligonucléotide antisens : l’olezarsen et le volanesorsen qui inhibent la production hépatique d'apoC-III, qui intervient dans le transport et la régulation du taux plasmatique de triglycérides.
  • La colestyramine, une résine, est utilisée généralement en complément d'une statine si cette dernière s'avère inefficace seule.

Afin de vérifier que le traitement est efficace, mais aussi pour contrôler la survenue d'éventuels effets secondaires, des prises de sang régulières sont effectuées.

Il est nécessaire de bien suivre son traitement pour parvenir à des résultats. Si des effets indésirables surviennent, parlez-en immédiatement à votre médecin qui vous indiquera s'il faut ou non stopper le traitement.

Soyez également prudent si vous devez prendre d'autres médicaments en même temps, car des interactions sont possibles : demandez l'avis de votre médecin.

Hypercholestérolémie secondaire

En cas d'hypercholestérolémie secondaire à une maladie (l'hypothyroïdie, par exemple) ou à des médicaments, le traitement de la cause est l'élément principal.

Votre médecin traitera donc la maladie ou discutera l'arrêt du traitement responsable.

Hypercholestérolémie familiale

Les formes génétiques familiales sont généralement suivies dans des centres spécialisés, car leur traitement est relativement complexe.

Parmi les traitements récents, on trouve :

  • l’évinacumab (anticorps monoclonal) et le vupanorsen (oligonucléotide antisens) qui ciblent l’ANGPTL3 (Angiopoïetin like 3), impliquée dans la régulation des lipoprotéines enrichies en triglycérides ;
  • l'acide bémpédoïque en association avec une statine et d'autres hypolipidémiants ;
  • le volanesorsen qui est aujourd’hui indiqué dans le syndrome d'hyperchylomicronémie familiale.

Bon à savoir : la prise en charge d'une hypercholestérolémie est différente pour les personnes âgées de plus de 70 ans et les enfants. Il faut en effet plus de prudence pour la prescription des médicaments.

L’Association nationale des hypercholestérolémies familiales (Anhet.f) souligne que « tous les experts, scientifiques, cliniciens rappellent que le premier défi reste le dépistage pédiatrique généralisé et l’observance des malades dans la durée ; tant les effets de l’hypercholestérolémie familiale sont silencieux, soudains et dévastateurs ».

Prévention de l'hypercholestérolémie

Les règles hygiéno-diététiques utilisées pour le traitement des hypercholestérolémie sont valables également à titre préventif.

Une alimentation de type méditerranéen est à privilégier : riche en fruits et légumes, privilégiant les graisses animales d'origine marine, c'est-à-dire le poisson, avec peu d'aliments transformés (plats industriels), sans excès de sucre ni de sel.

Bon à savoir : la bergamote exerce une action sur plusieurs enzymes impliquées dans la synthèse et le transport du choles­térol, ce qui se traduit par une amélioration des profils lipidiques en faisant baisser le taux de triglycérides et de mauvais cholestérol avec, en contrepartie, une augmen­tation du bon cholestérol.

De même, il est nécessaire d'avoir une activité physique régulière et adaptée à vos possibilités. Il est aussi important d'arrêter de fumer et de contrôler sa prise de poids.

Bon à savoir : si le bilan lipidique est normal, un contrôle tous les 5 ans suffit, sauf s'il existe des facteurs de risque cardiovasculaire associés, des antécédents particuliers (accident cardiovasculaire ou prise de poids), ou encore en cas de prise de certains traitements (contre l'acné, par exemple).

Les recommandations 2023 de l'International Lipid Expert Panel suggèrent aussi d’utiliser l'acide bémpédoïque en prévention primaire notamment chez les patients conservant un risque cardiovasculaire très élevé avec un taux de LDL-C élevé malgré un bithérapie correctement suivie.

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