Dyslipidémie

Sommaire

Anomalies des lipides du sang, les dyslipidémies sont aussi des facteurs de risque de maladies cardio-vasculaires. On constate que les hyperlipidémies sont très fréquentes dans les pays industrialisés. Il y a notamment en France, environ 10 millions de personnes ayant un cholestérol total de plus de 2,5 g/L.

Au vu des possibles retombées sur la santé cardio-vasculaire, il est important de comprendre les différentes dyslipidémies, les détecter et donc les traiter afin de minimiser les risques de maladies graves voire mortelles.

On fait le point.

Dyslipidémie : qu'est-ce que c'est ?

Définitions

Une dyslipidémie est un changement du taux normal d'un ou plusieurs lipides sanguins.

Ces lipides sanguins sont :

  • le cholestérol total et ses fractions : le HDL-cholestérol et le LDL-cholestérol ;
  • les triglycérides.

Bon à savoir : le LDL-cholestérol est considéré comme le « mauvais » cholestérol, il est le principal responsable des dépôts de cholestérol dans les artères. Le HDL-cholestérol est, quant à lui, considéré comme le « bon » cholestérol puisqu'il aurait un effet protecteur sur le système cardio-vasculaire.

Les valeurs normales en l'absence de risques cardio-vasculaires sont :

  • le cholestérol total doit être inférieur à 2 g/L ;
  • le HDL-cholestérol doit être supérieur à 0,4 g/L ;
  • le LDL-cholestérol doit être inférieur à 1,6 g/L ;
  • les triglycérides doit être inférieur à 1,5 g/L.

Différentes dyslipidémies

Les dyslipidémies peuvent donc correspondre à une perturbation dans le sang : soit de l'un ou l'autre des lipides, soit de leurs transporteurs. En fonction des modifications observées, on aura affaire à différentes maladies ou dysfonctionnements.

À noter : on peut évoquer les hypolipidémies qui correspondent à un déficit en lipides sanguins. Elles peuvent être liées à des malabsorptions, malnutritions ou certaines maladies génétiques (maladie de Tangier ou de Hooft). Elles sont rares dans les pays industrialisés.

La majorité des dyslipidémies sont donc des hyperlipidémies c'est-à-dire un excès global des lipides sanguins.

Il existe 2 classifications pour les hyperlipidémies : celle de Fredericsen et celle de de Gennes. La classification de Fredericsen regroupe 6 types différents qui prennent leur caractéristiques entre hypercholestérolémie (excès de cholestérol), hypertriglycéridémie (excès de triglycérides) et hyperlipidémie mixte associant les deux.

Remarque : il existe également de hyperlipidémies liées aux transporteurs des lipides : hyperchylomicronémie.

Qu'est-ce que le cholestérol et les triglycérides ?

Le cholestérol est naturellement présent dans le corps. Il sert à la structure des cellules et la fabrication de certaines hormones, vitamines et acides biliaires. Il provient de deux sources : d'une part, il est fabriqué par le foie et d'autre part, il provient de l'alimentation.

On distingue :

  • le HDL-cholestérol ,qui récupère le cholestérol et le transporte jusqu'au foie pour destruction ;
  • le LDL-cholestérol, qui peut former des dépôts graisseux dans les artères, réduire le débit sanguin et provoquer une crise cardiaque ou un AVC ;
  • les triglycérides, autre types de gras, qui sont également le reflet de l'alimentation.

Causes et risques d'une dyslipidémie

Les dyslipidémies sont des facteurs de risque de maladies cardio-vasculaires.

À noter : la Société Européenne de Cardiologie (ESC) distingue l'excès de LDL-c mais aussi, depuis 2011, une quantité insuffisante de HDL-c comme facteurs de risque.

Ces facteurs de risque de maladies cardio-vasculaires s'ajoutent à une longue liste d'autres facteurs de risque : hypertension, tabac, diabète, alcool, obésité, âge, sédentarité, contraception hormonale et traitement hormonal de la ménopause.

Bon à savoir : l'ESC fixe à moins de 0,55 g/l le taux de LDL acceptable pour les patients présentant un risque de maladie cardiovasculaire élevé/très élevé de même que pour les patients diabétiques à très haut risque (source : Mach F, Baigent C, Catapano AL, Koskinas KC, Casula M, Badimon L,  Chapman MJ, De Backer GG, Delgado V, Ference BA, et al. 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias : lipid modification to reduce cardiovascular risk: The Task Force for the management of dyslipidaemias of the European Society of Cardiology (ESC) and European Atherosclerosis Society (EAS) European Heart Journal, ehz455, Published : 31 August 2019. ESC 2019).

Une dyslipidémie peut être le reflet d'une mauvaise alimentation, mais seule une partie des lipides sanguins sont issus de celle-ci.

D'autres causes de dyslipidémies peuvent être évoquées :

  • l'héritage génétique ;
  • des médicaments ;
  • des maladies endocriniennes (hypothyroïdie, diabète...) ;
  • une insuffisance rénale.

Dyslipidémie : quels traitements ?

Les dyslipidémies ont pour particularité de ne pas présenter de symptômes pendant longtemps, en dehors des analyses sanguines. C'est ce qui les rend dangereuses. En effet, lorsque des symptômes cardiovasculaires apparaissent, les lésions artérielles ou cardiaques sont déjà importantes.

Détecter une dyslipidémie passe donc par des bilans sanguins réguliers.

Il faudra, au vu des résultats, vérifier que la dyslipidémie n'est pas un symptôme d'une maladie particulière ou celui d'un profil génétique particulier.

Le médecin établit, par ailleurs, un risque cardio-vasculaire, en additionnant différents paramètres (SCORE). Une fois établi le diagnostic, il existe plusieurs niveaux de traitements :

  • tout d'abord, on peut mettre en place un nouveau régime alimentaire sans cholestérol pendant 6 mois avant de faire un nouveau bilan ;
  • il faut bien sûr supprimer ou diminuer les autres facteurs de risques (tabac, surpoids, contraception...) ;
  • il existe enfin des traitements hypolipémiants (statines, fibrates, colestyramine), que l'on peut éventuellement associer aux traitements des maladies associées.

Bon à savoir : l’ensemble des études portant sur la bergamote montre très clairement un effet antilipidique épatant, au point que certaines la placent au niveau des statines. L’effet combiné de ces deux substances permettrait ainsi de réduire la dose de statines (aux nombreux effets secondaires), voire de la remplacer totalement.

Attention : le suivi régulier de la dyslipidémie est bien sûr indispensable. La prise en charge de la dyslipidémie dépend du risque.

Première cause de mortalité et de handicap dans les pays industrialisés, les maladies cardiovasculaires sont un enjeu important. Elles sont parfois la conséquence directe de pathologies associées à une dyslipidémie. Aussi est-il crucial de suivre et comprendre le taux de ses lipides sanguins, afin, le cas échéant, de poser un diagnostic et d'établir un traitement afin de réduire son cholestérol ou son taux de triglycérides.

Pour en savoir plus :

Ces pros peuvent vous aider